Arboretum

Nanterre sur scène - Festival des arts de la scène - Arboretum

Simon Roth

Nous sommes en 2015, je vais rendre visite à mes grands-parents dans un petit village en Normandie. Nous apprenons que mon grand-père a la maladie d'Alzheimer, au même moment, j'apprends que la fête folklorique de son village ne connait pas de suite à cause du vieillissement de ses organisateurs et du désintérêt des nouvelles générations pour ce type de rassemblement. Ces deux événements me sont apparus comme le signe d'une disparition progressive, celle d'une identité, d'une culture, de ce que représente mon grand-père au-delà de l'homme que j'ai connu. Pendant ces dernières années, j'ai alors voulu mener une investigation autour de cette perte de mémoire individuelle et collective. J'ai commencé par filmer mon grand-père comme pour garder une dernière image de lui cohérente, de ce qu'il était vraiment. Et en parallèle de ce portait intime, je me suis attardé sur ce fait divers qui m'est apparu très signifiant par ce qu'il implique: la disparition de cette fête du village où il y avait une démonstration des vieux métiers, des chants et des danses traditionnelles. En effet, je sentais que nous étions actuellement sur un point de rupture, de génération, de mode de vie, de centre d'intérêt, la vie à la campagne ne ressemble désormais en rien à celle qu'a connu mon grand-père. Tout cela je l'ai filmé, comme pour témoigner de cette évolution et j'ai voulu le jouer pour en partager la trace.