Il faut bien manger

Nanterre sur scène - Festival des arts de la scène - Il faut bien manger

Ange Leturcq

Il y a deux personnes sur scène, elles se demandent qui sont les «Femmes-Monstres» et qui sont ceux qui racontent habituellement leurs histoires.

Elles se demandent si les «Femmes-Monstres» sont vraiment des monstres, si elles-mêmes sont vraiment des femmes ou pourquoi pas des monstres elles aussi.

Elles parlent d’elles. Elles parlent à tous les monstres. Elles écoutent de la musique de popstars et elles racontent le temps où les vagins faisaient beaucoup moins peur. Elles incarnent les sirènes de l’antiquité́, la déesse Baubo, une femme à barbe ou bien Britney Spears et elles se disent : quand le récit de sa propre histoire retourne l’estomac de ceux qui l’écoutent, ce n’est pas si grave. Quand son propre reflet se déforme dans la glace de la salle de bain, ce n’est pas si grave.

Elles dansent et chantent l’histoire de la femme poulpe, qui se transforme. Les seins qui louchent, la chair qui prend la place, les mains qui traînent au sol, la tête d’homme et les cheveux en épines. L’histoire des déesses moins que rien, des Monstres Pop. L’histoire de nos King-Queens, comme des créatures mythologiques. Celles qui sont pas pratiques. Et qui jamais, jamais, ne se reconnaissent dans le miroir.

Il n’y a pas de monstres, il n’y a que la Norme. Plus on invente de normes et moins il y a de monstres.